Xenia Fedorova
Le 21 mai 2026, une ministre du gouvernement, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, proche de Laurent Wauquier, un conseiller de Jordan Bardella, un évêque, Matthieu Rougé, des gradés médaillés, dont le général Pierre de Villiers, militant pro-Russe pour qui « Il y a plus de liberté en Russie que chez nous » et des bras droits de grands patrons sont réunis en présence de Xenia Fedorova, la plus influente propagandiste du Kremlin en France, ancienne de Russia Today (RT France), la chaîne de propagande financée par le Kremlin et interdite en Europe en mars 2022, peu après l’invasion de l’Ukraine. Elle est chroniqueuse à C News. Elle y regrette que l’Ukraine soit présentée comme une agression de Moscou. Elle présente l’émission « Lumières orthodoxes » sur Canal + et C News et distille partout la même propagande. Comme à Moscou, elle parle d’« opération spéciale » et utilise le vocabulaire poutinien. « On sait aujourd’hui que c’est l’Occident qui a décidé de prolonger ce conflit », commente-t-elle. Elle peut influencer sur les disgrâces des journalistes. Pascal Praud estime sur C News « qu’il faut négocier avec Poutine ». ; « Avec Poutine l’agresseur ? » s’étonne un invité. « C’est pas l’agresseur…c’est là que la discussion commence », argumente Pascal Praud.
C’était le premier déjeuner d’importance de l’Institut de l’Espérance, le cercle de réflexion créé par Vincent Bolloré pour peser en faveur de l’union des droites sur la prochaine élection présidentielle [1].
Alexeï Navalny
Le 4 juin, Alexeï Navalny aurait eu 50 ans. À cette occasion, l’association Russie-Libertés et l’équipe de Navalny en France vous invitent à la projection du documentaire « Navalny » réalisé par Daniel Roher.
Le film retrace l’histoire d’Alexeï Navalny et l’enquête sur son empoisonnement — un récit qui se déploie comme un thriller politique en temps réel.
En 2023, le film a reçu l’Oscar du meilleur documentaire décerné par l’Académie des arts et des sciences du cinéma.

La projection aura lieu en russe avec sous-titres en français et sera suivie d’une discussion avec Olga Mikhailova, avocate d’Alexeï Navalny, traduite en français en simultané.
Espagne, Allemagne
Contre l’austérité et la militarisation : notre lutte est internationale !
Soutien aux grévistes de l’éducation en Espagne
Depuis plusieurs semaines, des personnels de l’éducation en Espagne, notamment en Catalogne, se mobilisent pour obtenir davantage de moyens face à des années d’austérité, de sous-investissement et de dégradation des conditions de travail. Leur colère est celle d’un secteur abandonné depuis des années par des politiques de coupes budgétaires qui se succèdent depuis les années 2010.
Ces grèves expriment aussi un refus clair d’un modèle de société qui s’enfonce dans la militarisation, la hiérarchie et la restriction des droits sociaux. Les grévistes défendent une autre vision : une école publique, démocratique, émancipatrice, au service des enfants et de la société tout entière.
En Allemagne, le bruit des bottes
En Allemagne également, la jeunesse se mobilise contre le retour du service militaire.
S’il n’est pour l’instant pas obligatoire, la militarisation du pays se fait à marche forcée et les hommes âgés de 17 à 45 ans doivent à présent demander l’autorisation de l’armée avant de quitter le territoire plus de 3 mois.
La Fédération Enseignement/Recherche de la CNT-SO apporte tout son soutien aux grévistes d’Espagne et à leurs revendications. Cette lutte doit servir d’exemple partout en Europe, et en France en particulier.
Comme en Allemagne, nous dénonçons la fuite en avant militaire qui semble être l’unique boussole de nos gouvernements : hausse des crédits alloués à la défense, création d’un nouvel « état d’alerte de sécurité nationale », service national, acculturation des élèves à l’armée, partenariat avec des entreprises comme Safran, journée « découverte dans les casernes », classe défense... ça suffit : l’école n’a pas à participer à l’enrôlement.
Ukraine
Des scandales éclaboussent Zelensky et ses proches.
Andriy Iermark, proche collaborateur du président, est impliqué dans un scandale de corruption.
Iuliia Mendel, ancienne porte-parole présidentielle, a accusé, dans une interview accordée au présentateur américain Tucker Carlson, Volodymyr Zelensky d’être cocaïnomane et le plus grand obstacle à la paix en Ukraine [2].
Festival de Cannes
Sasha écrit de Kiev :
« [Dans la nuit du 23 mai 2026, au cours d’un bombardement russe intense,] Dans le noir du couloir, pendant que Dima (son conjoint) et Marian (son fils) essayaient de dormir, j’ai vu sur mon téléphone des images de Cannes et découvert la liste des primés. Parmi eux, le réalisateur russe Andreï Zviaguintsev, qui a reçu le Grand Prix pour son film Minotaure. Dans le bruit des explosions, je me souviens d’avoir pensé : "quel drôle de destin, un jury international récompense un film qui raconte le drame des russes et de la russie, la nation qui nous agresse, au moment où des missiles tombent sur nous, les civils ukrainiens".
[Le lendemain], « À Kyiv, les prétendus points stratégiques visés par les russes comprenaient la Philharmonie, l’Académie de musique, la bibliothèque Iaroslav-le-Sage, le centre d’art Maison ukrainienne, l’Opéra de Podil, le Musée d’art d’Ukraine… Le Musée de Tchernobyl a été quasiment détruit. Le grand marché de mon quartier et le centre commercial ont entièrement brûlé. Et des dizaines d’immeubles, d’écoles et de commerces ont été endommagés. »
« J’ai souhaité très fort que ces images de notre réalité, de la destruction de notre ville et de notre culture, fassent oublier la célébration du cinéaste russe qui avait eu lieu cette même nuit à Cannes. J’ai lu des extraits de son discours et je trouve profondément choquant que certains y voient une preuve d’humanisme. Sa déclaration déforme la réalité de la guerre. Parler des "souffrances des deux côtés de la ligne de front" efface la responsabilité de la russie. Cela met sur un pied d’égalité l’agresseur et l’agressé, comme si russes et Ukrainiens vivaient une tragédie symétrique. »
« Le réalisateur a continué en disant : "La seule personne qui puisse mettre fin à cette boucherie, c’est vous Monsieur le président de la Fédération de russie."J’ai ressenti un profond malaise. Pour moi, ce discours reproduit clairement une logique impériale profondément russe. Andreï Zviaguintsev supplie un criminel de guerre, comme s’il demandait grâce au tsar. Je refuse l’idée qu’il suffirait de demander à poutine d’arrêter la guerre, comme si toute cette violence ne dépendait que d’un seul homme. »
« Derrière chaque missile, chaque attaque et chaque meurtre, il y a aussi des millions de personnes qui participent à cette guerre. Dans plusieurs cas, si ce n’est dans la plupart, volontairement. À mes yeux, un véritable discours contre cette guerre devrait nommer explicitement la russie comme agresseur, reconnaître la responsabilité collective de la société russe en même temps que les crimes commis contre l’Ukraine.
Et le pire, c’est que j’ai l’impression que l’Europe et le monde entier se satisfont bien de l’effacement de ces responsabilités.
Derrière chaque missile, chaque attaque et chaque meurtre, il y a aussi des millions de personnes qui participent à cette guerre. Dans plusieurs cas, si ce n’est dans la plupart, volontairement. À mes yeux, un véritable discours contre cette guerre devrait nommer explicitement la russie comme agresseur, reconnaître la responsabilité collective de la société russe en même temps que les crimes commis contre l’Ukraine.
Et le pire, c’est que j’ai l’impression que l’Europe et le monde entier se satisfont bien de l’effacement de ces responsabilités [3]. »
La résistance à Poutine
Le 12 février 2026, Maxime Krouglov, vice-président du parti démocrate Iabloko, en détention provisoire depuis six mois, a comparu devant un tribunal moscovite pour « avoir diffusé sciemment de fausses informations sur l’armée, motivées par la haine ou l’hostilité politique, idéologique, raciale, nationale ou religieuse ». Il avait déclaré : « Il y a un fait incontestable. L’armée russe était dans la ville de Boutcha (où des civils ont été assassinés) Et puis l’armée russe a quitté la ville de Boutcha. Et la mort est restée dans la ville de Boutcha : pas la paix/ l’ordre/la dénazification, mais la mort et la destruction. Nous avons besoin d’une enquête internationale sur les crimes de guerre. » Sa détention provisoire a été prolongée de six mois. Des milliers de personnes se sont retrouvées condamnées pour un message, un dessin, un don.
Le fondateur d’OVD-Info est en exil en France depuis quatre ans, l’ONG dont et qui est spécialisée dans le suivi de la répression en Russie dénombre 2 176 prisonniers politiques. Rien que le registre des « extrémistes » et des « terroristes » compte 20 000 noms et ne cesse de croître. « Il existe des centaines de cas d’affaires dont nous ne sommes même pas au courant. », déplore le rédacteur en chef du site Mediazona, depuis Vilnius.
La répression vise les avocats, les journalistes, les LGBT+, les féministes, les écologistes, les poètes, les blasphémateurs, les associations de défense des droits humains, bref, tous ceux qui émettent un avis différent de la ligne officielle. Des centaines de milliers de personnes ont quitté le pays. Plus de 70 médias russes ont pris le chemin de l’émigration.
Des milliers de caméras de vidéo surveillance et de reconnaissance faciale aggravent la situation des dissidents.
Telegram et WhatsApp sont bloqués au profit de Max, une application non sécurisée. Les VPN (Virtual Private Network) sont dans le viseur des autorités.
Vladimir Poutine a toujours assis son pouvoir sur la violence et la coercition. Il suffit d’évoquer les noms de Boris Nemtsov, d’Alexeï Navalny, Depuis 2022, 63 lois et amendements ont modifié le code pénal pour bâillonner l’opposition. La « propagande » LGBT+ a été étendue au refus d’avoir des enfants. Le métier d’avocat est l’un des plus menacés. Le taux d’acquittement ne dépasse pas 0,2 %. Mais le travail des avocats est essentiel pour garder le lien avec le monde extérieur.
Grigori Sveldine de l’organisation « Traverser la forêt » continue à soutenir les déserteurs et tous ceux qui ne veulent pas combattre [4].
Zelensky réhabilite des collaborateurs de l’armée nazie
La cérémonie de réinhumation, en grandes pompes, d’Andryi Melnyk, collaborateur de l’armée nazie et participant à l’extermination des juifs et de plus 100 000Polonais, ainsi que de son épouse, a été présidée par Volodymyr Zelensky et d’autres personnalités. Zelensky a qualifié le défunt de « grande figure ukrainienne ». Lech Walesa, ancien président de la Pologne et Prix Nobel de la Paix a reproché « En honorant les bandits de l’UPA, le président de l’Ukraine m’a insulté ainsi que tous nos compatriotes massacrés. »
Anna Colin-Lebedev explique cette réhabilitation par une volonté de « provocation » des Ukrainiens à l’égard des Russes. « Mais ils mesurent moins que cela peut être perçu comme un pied de nez à l’Union européenne [5]. »
[1] Ariane Chemin et Ivanne Tripenbach, « Xenia Fedorova, ancienne de RT France et protégée de Bolloré », Le Monde, 29 mai 2026.
[2] « Zelensky rattrapé par les affaires », Denik N., Prague, cité par Courrier international, 28 mai 2026.
[3] https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/05/29/quel-drole-de-destin-cannes-recompense-un-film-qui-raconte-le-drame-des-russes-et-de-la-russie-la-nation-qui-nous-agresse-au-moment-ou-des-missiles-tombent-sur-nous-les-civils-ukrainiens_6694772_4500055.html, publié le 29 mai 2026, consulté le 30 mai 2026.
[4] Isabelle Mandraud, « Comment la résistance tente de survivre sous Poutine », Le Monde, 3 juin 2026.
[5] Thomas d’Istria, « Kiev réhabilite des figures ayant collaboré avec l’Allemagne nazie », Le Monde, 4 juin 2026.





