Je suis artiste et je travaille depuis une quarantaine d’années sur les relations Art, Sciences et Société. Je me suis particulièrement intéressée aux recherches scientifiques sur le Vivant et à l’intégration de ces recherches dans la société. Jusqu’aux années 2000, j’ai travaillé autour de la génétique et de ses manipulations, des OGM et du clonage, puis avec les premières grandes sécheresse début des années 2000, j’ai orienté mon travail sur le réchauffement d’origine anthropique avec les conséquences que cela implique sur le Vivant.

En parallèle de mon travail artistique, j’ai enseigné à la Haute École des Arts du Rhin à Strasbourg, la HEAR où j’ai coordonné dans l’unité de recherche Faire Mondes, un séminaire sur l’écologie des Récits.

La transmission traverse tout mon travail.

Depuis fin 2023, je participe au réseau citoyen de l’Observatoire des armements [1]. Fondé en 1984 à Lyon, il est le seul centre indépendant d’expertises et de ressources spécialisées dans le domaine de la sécurité et de la défense, en France. Totalement indépendant, il est financé par des dons, des cours, des conférences, des expertises, etc.

Dans la région grenobloise, avec Fabrice Lamarck, nous avons enquêté sur le complexe militaro-industriel en lien avec l’Observatoire. La première année, cela nous a permis d’établir une cartographie des entreprises liées à l’armement. Nous en avons trouvé plus d’une quarantaine, et j’ai découvert à cette occasion avec étonnement que tous les directeurs étaient des hommes.

Ensuite, toujours dans le bassin grenoblois, nous avons réalisé une enquête plus approfondie sur les liens tissés entre les institutions scientifiques et universitaires avec le complexe militaro-industriel. Enquête d’une trentaine de pages disponible sur le site de l’Observatoire [2].

Je voudrais préciser avant d’entrer dans le vif du sujet que je ne suis pas une spécialiste du complexe militaro-industriel, mais une citoyenne qui est contre la violence et pour la paix [3].

État des lieux de l’enseignement supérieur et de la recherche de l’enseignement supérieur et de la recherche au niveau national

J’ai trouvé dans un document de l’agence de l’innovation de défense, les axes thématiques de recherche pour l’année 2026. Ils sont cités par ordre de priorité :

  • l’ingénierie de l’information numérique ;
  • la robotique ;
  • la cybersécurité, fluides et structures ;
  • les ondes acoustiques & radioélectriques ;
  • les nanotechnologies (capteurs, composants, etc.) ;
  • l’intelligence artificielle ;
  • le génie maritime et les géosciences ;
  • les risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques sur la santé ;
  • les sciences humaines et sociales.

Les instituts universitaires qui enseignent l’informatique et les mathématiques appliquées ainsi que les écoles supérieures de physique, électronique, microélectronique, télécommunications, matériaux, énergie, procédés, intelligence artificielle et du quantique sont particulièrement concernées.

En tant que futur·e ingénieur·e, futur·e chercheur, chercheuse que vous vous destiniez à la recherche appliquée ou fondamentale, il faut être dans ces domaines d’une vigilante toute particulière. Vos recherches pourront être impliquées dans des innovations pour l’armement sans que vous en ayez le contrôle.

Dans les débouchés de vos formations, lorsque vous travaillerez dans des institutions scientifiques ou des entreprises à double usage, il vous sera quasiment impossible de faire la part des choses entre des applications militaires ou civiles car, depuis le début des années 2000, les deux secteurs sont par volonté politique, particulièrement intriqués.

Les recherches dans les énergies bas carbone ou alternatives ne sont pas épargnées non plus. Le ministère des Armées se targue d’œuvrer à verdir l’armement comme si tuer l’Autre pouvait être écologique.

Pierre Charbonnier, présenté sur Wikipédia comme spécialiste de la philosophie environnementale, enseignant à Sciences Po Paris, écrit fin 2024 un essai intitulé Vers l’écologie de guerre [4]. Devenu maître à penser de Les Écologistes, il développe une réthorique en faveur du réarmement et de la guerre ainsi qu’une transition technoscientifique qui, on le sait bien, ne peut être qu’une fuite en avant générée par un système capitalisme à bout de souffle.

Dans le même ordre d’idées, je citerai le think tank de la décarbonation de l’économie, Shift project, piloté par Jean-Marc Jancovici, où l’on prône le nucléaire et les technosciences pour résoudre les perturbations dues aux changement climatiques. Solutions très en vogues dans le milieu de l’ingénierie.

Mais en ce mois d’avril, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’accident de Tchernobyl, des articles de la revue Terrestres [5] nous rappellent que le nucléaire ne peut pas être une solution énergétique fiable à cause de sa puissance mortifère. Nous vivons une période de notre histoire où certains dirigeants, aveuglés par leurs désirs de puissance et de destruction n’hésitent pas à prendre pour cibles des centrales qu’elles soient en Ukraine ou en Iran.

Je voudrais aussi rappeler que le développement du complexe militaro-industriel est utilisé pour surveiller les populations à l’extérieur comme à l’intérieur des frontières. Deux exemples : lors des printemps arabes, la France a vendu à l’Égypte des tanks de petites envergures pour traquer les manifestants jusque dans les ruelles du Caire et je ne détaillerai pas ce qui s’est passé à Sainte-Soline car la répression démesurée est encore bien présente dans nos mémoires.

Signalons aussi que le seul budget est hausse pour l’année 2026 est celui des armées. Ceux qui concernent le social, l’éducation, la santé et les atténuations au réchauffement d’origine anthropique ainsi que ceux les énergies renouvelables ont été drastiquement réduits.

Revenons aux liens entre l’armée et l’enseignement supérieur, ils ont toujours existé mais depuis plus d’une dizaine années, une montée en puissance est orchestrée dans toutes les formations universitaires et particulièrement celles qui touchent à l’ingénierie et aux mathématiques appliquées.

Quelques exemples d’ingérence du ministère des Armées dans le domaine universitaire :

  • tout d’abord, dans chaque université, des professeurs sont référents et servent de relais entre l’armée et l’université ;
  • il existe des partenariats entre les Crous et les centres de recrutement locaux de l’armée, comme en Alsace et en Lorraine ;
  • les étudiants qui suivent des conférences « défense » ou la formation « enjeux de la défense » obtiennent des crédits supplémentaires qui s’additionnent à ceux de leur cursus comme à l’Université d’Aix-Marseille ;
  • des chefs d’état-major et des industriels du complexe militaro-industriel interviennent dans des chaires universitaires par exemple à Paris 1 ou à Brest.

Ces intrusions de plus en plus récurrentes de hauts gradés dans les universités avec une propagande belliciste ont pour objectif de réveiller « l’esprit national » qui dans un autre temps s’appelait le patriotisme.

Même les sciences sociales ne sont pas épargnées. Dernièrement à l’université Lyon 2, une centaine d’étudiants en psychologie ont participé à un exercice nommée Orion jeunesse dont le scénario mettait en scène une centaine de blessée·es, victimes d’une guerre hybride.

Sur les sites des écoles d’ingénieurs dans la rubrique vos partenaires privilégiés, vous retrouverez de nombreuses entreprises de l’armement qui proposent des études en alternance, des stages, des financements de thèse, et peut-être même un post-doctorat. Naturellement en contre-parti, ces entreprises seront très intéressées pour s’approprier les innovations de vos recherches. Ces mêmes entreprises peuvent aussi être parties prenantes des formations, sous forme de cours, d’interventions ponctuelles, de présence dans les jurys, dans les propositions et des suivis de thèses, mais aussi carrément dans les conseils d’administration universitaires.

Pour finir, je rappellerai rapidement que l’article 18 de la loi de programmation militaire de 2026 est porteuse de graves répressions pour la recherche en étendant encore les zones à régime restrictif, les ZRR. Par exemple, l’Institut national en sciences et technologies du numérique, l’INRIA est passé de 20 % en 2014 à 100 % en 2026.
Les chercheurs de ces laboratoires sont supervisés par des fonctionnaires de la sécurité défense. Une demande d’autorisation est devenue obligatoire pour toute collaboration avec des chercheurs étrangers. Cette supervision peut peser aussi sur les recrutements de chercheurs jugés trop politiques.

Situation locale grenobloise et toulousaine

Les deux régions ont un point commun, le complexe militaro-industriel est très présent dans les formations universitaires ainsi que dans la recherche qu’elle soit fondamentale ou appliquée.

En France, on peut ajouter les régions Val-de-Loire (Bourges) et Île-de-France (Saclay).

Si on revient aux situations locales de Grenoble et Toulouse, dans chaque région, le système fonctionne à peu près à l’identique. À Grenoble, il est axé sur la micro-tech avec les semi-conducteurs, capteurs, logiciels, etc. À Toulouse, il s’articule autour de l’aérospatiale avec en Occitanie plus de 400 entreprises liées à la défense. Chaque région possède son chef d’orchestre de la recherche et des innovations. À Grenoble, le Commissariat à l’énergie atomique aux énergies renouvelables, le CEA a été créé en 1945 et à Toulouse, le Centre national d’études spatiales, le CNES verra le jour en 1961, en pleine guerre froide.

Tous deux sont régis par le secret défense et le secret industriel, dispositifs qui rendent leurs fonctionnements particulièrement opaques aux citoyens, citoyennes. Ce sont des établissement publics à caractère industriels et commerciales sous tutelle conjointe du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, du ministère des Armées et du ministère de l’Économie et des Finances.

On serait en droit de se demander si actuellement ces institutions remplissent encore leurs fonctions d’intérêt général ? Si elles ne seraient pas devenues obsolètes et carrément même nocives pour la société et l’environnement ? Si elles ne serviraient pas qu’une élite politique et industrielle ?

Le CEA Grenoble et le CNES ont aussi en commun d’abriter les laboratoires de recherches et développement de grandes entreprises.

À Grenoble, on retrouve entre autres des multinationales telles que Microelectronics et Soitec, entreprises à double usage civil et militaire et à Toulouse, le CNES abrite de grands groupes du complexe militaro-industriel tels que Airbus Defence and Space, Thales, Safran, etc. Cette industrie de l’armement emploie de nombreux sous-traitants dans la région.

Ces deux têtes de proue, CEA et CNES, gèrent de nombreux projets avec d’autres institutions scientifiques. Projets qui demandent des financements de plusieurs milliards. Il faut rappeler que toutes les recherches et innovations dans l’armée fonctionnent avec 98 % de subventions publiques. Ces financements ruissellent à tous les étages : Union européenne, État français, Région et Métropole.

Naturellement, cet argent public versé au complexe militaro-industriel ne sera attribué ni au social, ni à la santé ni à la culture, ni aux adaptations aux changements climatiques.

L’origine de cet argent provient de nos impôts qu’ils soient directs, c’est-à-dire prélevés sur les salaires, ou indirects obtenus par les prélèvements de la TVA. TVA qui comme tout le monde le sait est un impôt par ailleurs, particulièrement injuste car quel que soit vos revenus, le montant prélevé par exemple sur un kilo de carotte sera identique.

À cause de ces financements démentiels, cette course à l’armement prive toute la population de subventions pour le bien commun. Et comme la France est le second exportateur d’armes après les États-Unis, chaque euro investit dans le complexe militaro-industriel favorise en plus la destruction et la mort qu’elle soit humaine, animale, végétale, à de multiples endroits de la planète.

N’oublions pas que la guerre est le lieu de tous les cides : génocide, écocide, féminicide, etc.

Dans les cursus universitaires toulousains, j’ai relevé plusieurs formations universitaires directement liées à l’armement, à la sécurité et aux enjeux stratégiques :

  • le master en relations internationales et politiques de sécurité et de défense de Sciences Po ;
  • l’Académie spatiale de défense, implantée sur le site du CNES. Crée en 2023, elle est centrée sur la culture spatiale et les usages militaires du spatial ;
  • le centre d’excellence AERODS de l’université Toulouse Capitole, centre de recherche dédié à l’analyse des dynamiques économiques, industrielles et stratégiques de l’aérospatial de défense avec des enseignants-chercheurs en sciences politiques, droit, économie, gestion, informatique et de l’intelligence artificielle. Il possède des partenariats avec l’ONERA, principal centre de recherche en aérospatial de la défense française et avec l’école d’ingénierie aérospatiale ISAE-SUPAERO. École qui se trouve sous la tutelle du ministère des Armées et dans laquelle il existe une filière d’ingénieur défense et sécurité ;
  • l’Institut de mathématique de Toulouse, l’IMT, qui mène des recherches sur les trajectoires de drones ;
  • et dans les cursus de l’École de l’aviation civile, on trouve une chaire de recherche et d’enseignement sur les drones dans laquelle collaborent Airbus Defence et Sopra Steria.

Focus sur la Guyane

On ne peut pas parler du CNES sans évoquer le CSG, le Centre Spatial Guyanais, situé sur les communes de Kourou et de Sinnamary, en Guyane ( Amérique du Sud ), centre d’une superficie de sept cent cinquante kilomètres carrés. Créé par décret par le Général de Gaulle en 1965, utilisé tout d’abord pour l’envoi des fusées-sondes françaises il est, une dizaine d’années plus tard, devenu la base de lancement de l’Agence spatiale européenne.

À l’époque de sa création, plus d’un millier de personnes sont expropriées. Les territoires de Kourou et de Sinnamary étaient le pilier de l’élevage et de l’agriculture de la Guyane. Ces expropriations sont très extrêmement vécues par la population. Pour ces personnes, majoritairement descendant·es d’esclaves, l’accès à la Terre et le droit de cultiver pour soi étaient la plus grande promesse d’émancipation.

Dans la ville de Kourou, appelée aussi la Little Soweto ou Kourou La Blanche, jusqu’à la fin des années quatre-vingts, certains bars affichaient encore à l’entrée : interdit aux chiens et aux noirs !

Actuellement, Kourou est une ville aux contrastes les plus extrêmes. Sur un même territoire cohabitent des technologies à la pointe des innovations et une précarité accompagnée d’immenses difficultés d’accès aux services publiques.

D’ailleurs, on pourrait se demander si l’une ne favoriserait pas l’autre ?

Les luttes

Très schématiquement, les luttes s’engagent à la fois sous des formes individuelles et sous des formes collectives.

Les formes individuelles relèvent essentiellement d’un engagement personnel. Dans cet engagement personnel, il est important d’en déterminer les lignes rouges et de les conserver tout au long de sa vie.

Prendre l’engagement de ne pas participer de façon directe ou indirecte à la destruction d’autres humains et humaines où qu’ils vivent sur la planète me semblent essentiel.

Prendre l’engagement d’être le moins impactant possible à la vie d’autres qu’humains ainsi qu’à leurs environnements me semblent aussi la base d’un engagement personnel à ne pas déroger tout au long de sa vie.

Il est important de se rappeler que dans une vie, on ne fait que passer et que lors de ce passage, désirer transmettre une vie harmonieuse aux générations futures est fondamental tout en sachant que si l’on perd cet espoir, la vie devient noire !

Si chacun d’entre nous œuvre dans cette direction, alors faire société reprend tout son sens !

Sur la base de cet engagement personnel, les formes de lutte collectives nous aident ensemble à être plus forts, plus fortes.

Imaginons un instant que tous les peuples la même année, le même jour, à la même heure descendent dans la rue, pour crier non à la guerre non à la violence.

Imaginons un instant que toutes les femmes du monde décident de ne plus faire d’enfants s’ils sont destinés où que ce soient sur la planète à devenir de la chair à canon !

On se rend compte de la force immense et collective que possèdent les peuples. Ainsi, souhaiter et transmettre un futur désirable pourrait prendre réalité, tout autour de la planète.

Ce désir est incarné dans de nombreux mouvements de résistances locaux que vous pouvez rejoindre.

Souvent, ces mouvements qu’ils soient contre la guerre et l’armement, qu’ils soient contre la destruction de la Terre mènent des veilles et des enquêtes sur les institutions, les entreprises aux pouvoirs mortifères.

Je reviendrai très rapidement sur le rôle de l’Observatoire des armements et particulièrement sur les enquêtes menées sur les exportations de composants électroniques.

Ce travail est long, compliqué et labyrinthique car rien n’est fait pour pouvoir tracer les exportations à usage militaire. L’État français refuse d’être transparent alors que chaque entreprise qui exporte des armes, sous quelques formes que ce soit, doit recevoir l’aval de l’État.

Prenons un exemple. Des composants électroniques de Lynred entreprise située dans la région grenobloise sont retrouvés dans des drones abattus en Ukraine. Ce qui veut dire que l’embargo n’a pas été respecté, ce qui veut dire aussi que l’État français ne respecte pas l’embargo. Que l’État français ne respecte pas ses engagements. En même temps, il aide l’Ukraine à résister à l’invasion de la Russie et de l’autre, il aide le pouvoir russe à détruire le peuple ukrainien.

Tracer des exportations liées à l’armement est compliqué car elles utilisent des chemins tortueux en utilisant des pays tiers. Par exemple, pour exporter en Russie, les composants français vont transiter en Turquie, au Kazakhstan, etc.

Ces composants partiront de France avec des papiers en règle à destination d’un pays tiers, et ils repartiront de cette entreprise vers le pays sous embargo au marché noir. Ou bien le matériel militaire sera envoyé en kit via plusieurs entreprises de différents pays pour être assembler sur place. Le rôle de l’Observatoire des armements est de synthétiser ces données et d’en alerter les citoyen·nes, les parlementaires, la presse, etc. L’Observatoire des armements fait aussi des ateliers et des formations sur la technique d’enquête.

Comme nous l’avons vu précédemment, le gouvernement accroît l’emprise du complexe militaro-industriel sur l’Université. Face à ce projet, faire revivre l’antimilitarisme, militer pour la paix et la non violence prend tout son sens.

La convergence des luttes rend plus fort. À ce sujet, je rappellerai que, même si ça s’est passé outre-atlantique, la guerre du Vietnam a été arrêtée grâce à l’association des manifestations contre la guerre, contre le racisme et avec les mouvements féministes.

Féminisme

J’aimerais rendre hommage au travail d’Andrée Michel, sociologue, décédée en février 2022. Elle a écrit Féminisme et antimilitarisme [6]. Même si ses recherches datent un peu, je les trouve toujours d’une grande actualité.

Andrée Michel était à la fois chercheuse au CNRS et activiste. En tant que sociologue, elle a écrit sur la famille, le travail, l’économie, la politique, les migrations et la militarisation de nos sociétés.

Dans son essai, elle démontre que le patriarcat s’incarne dans l’industrie d’armement, la vente d’armes, la guerre et que le complexe militaro-industriel est directement lié au capitalisme financier.

Militaires, industriels, scientifiques, bureaucrates, banquiers, lobbyistes, généralement tous d’anciens étudiants des grandes écoles et des grands corps de l’État appartiennent à la caste des fonctionnaires et des salariés d’élite hautement disciplinée. De cette classe d’élite, les femmes en sont souvent exclues ainsi que la diversité sociale et raciale.

Elle rappelle qu’à l’intérieur des frontières d’un pays, le complexe militaro-industriel utilise la rhétorique de la sécurité nationale pour tenir en respect toute demande de justices sociales et environnementales.

Ainsi, la défense devient la plus grande ennemie des citoyens, citoyennes et de la démocratie.

Elle rappelle aussi qu’hors de nos frontières, l’armement s’exporte et favorise la multiplication des guerres. Statistiques à l’appui, Andrée Michel explique que cette politique de militarisation ne fait qu’accroître les profits, le pouvoir, le prestige et la puissance de ceux qui possèdent les complexes militaro-industriels aux dépens des autres classes sociales.

Et que ceux qui décident des guerres, ne sont pas ceux qui la font.

Par ses recherches, elle prouve que les dépenses militaires génèrent moins d’emploi que d’autres catégories. Par exemple, un million de dollars investi dans la fabrication d’un avion bombardier produit 58 000 emplois mais ce même million investit dans l’éducation en créé plus de 118 000.

Les recherches d’Andrée Michel révèlent en creux la puissance destructrice des hiérarchies de classe, de race et de sexe générées par le complexe militaro-industriel.

Pour conclure, je rappellerais que lors des guerres, on croit mourir pour ses engagements patriotiques et politiques mais, en fait on meurt pour enrichir les dirigeants et actionnaires des multinationales de l’armement.

Et lutter contre est nécessaire mais lutter pour un futur désirable est nettement plus excitant !

Christiane Geoffroy

[2Le complexe militaro-industriel et scientifique du bassin grenoblois, janvier 2026, 28 pages, téléchargement gratuit : https://www.obsarm.info/spip.php?article724

[3Pour en savoir plus : https://christianegeoffroy.com/