Comment les entreprises locales contribuent-elles à la fabrication de systèmes d’armement et comment sont-elles associées aux guerres actuelles ?
Leur communication publique ne permet pas facilement de savoir à quel type d’armement elles participent, ni de connaître leur destination et utilisation. Il existe une porosité toujours plus grande entre le militaire et le civil pour la production des systèmes d’armement dans le domaine nucléaire comme dans celui des outils de surveillance (systèmes d’interception des communications, drones, etc.). Ce qui pose notamment la question de la transparence, du contrôle des matériaux et des composants à double usage qui échappent à la réglementation concernant le matériel militaire. De plus, toute une myriade de petites et moyennes entreprises réparties sur l’ensemble du territoire bénéficient d’aides publiques au niveau national, comme régional et local. Ce qui questionne le pouvoir que les citoyen·ne·s et les élu·e·s peuvent exercer sur ces décisions.
Pour renforcer la sensibilisation sur le rôle des entreprises d’armement en France et leur impact sur les conflits, en 2022 l’Observatoire des armements a créé un Réseau de surveillance des entreprises d’armement. Cette étude — réalisée par le Ramie, Réseau antimilitariste isérois — est la quatrième publication du Réseau de surveillance.
Polygone scientifique
Après une « promenade » au sein du Polygone scientifique, l’étude remonte aux origines de cette forte mobilisation industrielle et scientifique pour le complexe militaro-industriel afin de décrypter les spécificités du modèle grenoblois reposant tout particulièrement sur la recherche nucléaire avec le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) et la production de composants électroniques et autres capteurs à double usage civil et militaire. Trois entreprises parmi les plus emblématiques sont exposées : STMicroelectronics, Soitec et Lynred.
Le dossier contient différentes pistes d’initiatives pour que chacun·e d’entre nous, habitant·e·s, citoyen·ne·s, élu·e·s, journalistes, membres d’associations, etc. puisse agir pour le désarmement et engager le débat sur les pistes possibles de reconversion vers d’autres secteurs socialement utiles.
Au sommaire
- Création d’un réseau
- Liens entre institutions scientifiques, industrielles et militaires
- Promenade au « Polygone scientifique »
- La guerre se fabrique près de chez nous
- STMicroelectronics
- Soitec
- Lynred
- Absence d’espaces de débats
- Méthodologie de l’enquête : composants électroniques
- Agir pour désarmer





