« Face aux machines de guerre, De 1945 à nos jours, la puissance militaire sous le feu de la critique écologique », par Elsa Gauthier où l’on lit que Les activités routinières – sans compter les émissions liées aux combats – représentent déjà 5,5 % des émissions globales selon les estimations du Conflict and Environment Observatory (Ceobs). Si les armées étaient un pays, elles seraient le 4ème émetteur mondial, devant la Russie. Le Pentagone est l’institution qui émet le plus de gaz à effet de serre au monde : 50 millions de tonnes équivalent CO2 chaque année, soit les émissions du Portugal ou de la Suède.

Se basant sur les annonces de plan ReArm Europe, le Ceobs estime que la hausse des émissions imputable à l’actuel « choc » de dépenses de l’Otan (Hors USA) serait de l’ordre de 100 à 200 millions de tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent des émissions de la Belgique pour la fourchette basse.

« Au moment où les climatologues alertent sur l’atteinte de seuils d’irréversibilité, tout le monde semble s’être mis d’accord pour préparer la prochaine guerre mondiale. » (Jean Vioulac).

Un Atlas des industries militaires présente l’Économie du génocide.

Christelle Gilabert détaille dans « Guerre à la nature ? » les retombées écologiques des guerres en Ukraine, à Gaza, entre l’Inde et le Pakistan, au Yémen, en République démocratique du Congo et au Soudan. Elle demande aussi : « Peut-on réguler les "robots tueurs" ? » Ces armes ont été qualifiées par Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, de « politiquement inacceptables et moralement répugnantes ». Elle évoque les figures de Günther Anders, de Pinar Selek et d’Andrée Michel.

Léa Dang retrace les origines militaires de l’agrochimie dans « Du champ de bataille au champ de blé ». Elle cite notamment l’usage des défoliants au Vietnam dont les victimes locales non jamais été indemnisées, contrairement aux vétérans américains.

Cléa Chakraverty a recueilli une interview d’Ariane Lavrilleux, dont les articles de Disclose sur les ventes d’armes ont provoqué sa garde à vue et des perquisitions.

Dans « Dockers, vent debout contre la guerre », Victoire Radenne raconte la mobilisation des dockers de Gênes, de Marseille, de Barcelone et d’autres villes qui ont bloqué l’acheminement d’armes vers des zones de guerre. « Nous sommes très fiers de cette action menée par nos camarades, qui s’inscrit dans la longue tradition internationaliste et pacifiste de la CGT. », a communiqué Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat. Ces actions sont dans la tradition de la grève de 1949-1950 qui mobilisa à Marseille plus de 35 000 dockers contre la livraison d’armes vers l’Indochine. Le chansonnier anarchiste leur a consacré ce texte :

« Sur tous quais de tous les ports de France,
Entendez-vous ces dockers, grutiers dire aux bateaux, aux armes en partance :
Nous ne voulons travailler qu’pour la paix.
Plus de canons, plus d’obus pour la guerre.
 »

Malgré l’opposition des dockers de Gênes, l’Italie de Georgia Meloni a augmenté ses exportations d’armes de 138 % entre 2020 et 2024, faisant du pays le sixième exportateur mondial.

Dans la même publication, Nolwenn Jaumouillé consacre un article à l’antimoine. Utilisé dans la Première Guerre mondiale, « sa dureté l’a rendu très efficace dans les obus sharpnels pour déchiqueter la chair humaine ». Actuellement, il « est utilisé dans la fabrication de missiles, de dispositifs de communication, de lunettes de vision nocturne, de vêtements militaires ou comme agent de durcissement pour les munitions et les chars d’assaut ». Seules subsistent deux usines de transformation, dans l’Aisne et en Mayenne. Pékin fournit un peu moins de 40 % de la production mondiale et plus de la moitié de la transformation.

Guy Dechesne