Le 31 juillet a été marqué par l’assassinat de Jean Jaurès. Sur le passage du convoi funèbre, un détachement militaire rend les honneurs. Comme l’écrit Roger martin du Gard dans Les Thibault, « Sous des fleurs, des discours, des drapeaux tricolores, des musiques militaires, ils ont accaparé le grand cadavre, pour le brandir au nom de la Patrie… Ah, si vraiment le cercueil de Jaurès traverse ce Paris qu’on mobilise sans déclencher l’émeute, c’est que tout est fini, c’est que l’Internationale ouvrière est bien morte, et qu’on l’enterre avec lui… » Le Président du Conseil lit un message du Président de la République, Poincaré : « [La France] sera héroïquement défendue par tous ses fils, dont rien ne brisera devant l’ennemi l’union sacrée. » À cette union sacrée, la SFIO et la plupart des syndicalistes vont se rallier, votant sans broncher les crédits de guerre, l’état de siège et la censure de la presse.
Seuls quelques syndicalistes et oppositionnels de la SFIO se démarqueront de la grandiloquence ambiante et se retrouveront à Zimmerwald en septembre 1915.
Le livre est illustré de reproductions de premières pages de la presse et de photos, très, trop petites et mal contrastées.
Ce « zoom » sur cette brève période est un complément utile au livre que j’ai consacré à Un siècle d’antimilitarisme révolutionnaire [1].
Guy Dechesne





