Le récit simple et plein de compassion de Peter Townsend, au travers des souffrances individuelles, montre l’horreur de la guerre nucléaire. Et l’auteur souligne dans son ouvrage ce constat réaliste : « La bombe atomique avait donné la preuve qu’elle était l’arme de tuerie de masse et de destruction la plus efficace jamais conçue à cette date. Mais cet engin et son mode d’acheminement par avion étaient encore rudimentaires. La bombe au plutonium de Nagasaki, bien que près de deux fois plus puissante que celle à l’uranium d’Hiroshima, n’était qu’une mini-bombe, capable de ne détruire qu’une seule ville et ses habitants d’un trait. Les armes nucléaires avaient encore une grande marge de progression, comme l’avenir devait le confirmer, qui leur permettrait d’atteindre la limite pratique de leur pouvoir d’anéantissement : la planète Terre elle-même. »

Ce livre révèle surtout le courage indomptable d’un homme appartenant aux survivants des explosions nucléaires sur le Japon, les hibakushas, devenus le symbole d’une lutte contre la guerre et les armes atomiques à travers le monde.

Ce récit, inspiré de longues recherches et d’entretiens effectués par l’auteur Peter Townsend, est né d’une amitié entre deux survivants de la Deuxième Guerre mondiale qui ont vécu des épisodes différents au cours de ce conflit et qui chacun à des niveaux différents ont subi des traumatismes physiques et moraux que provoquent toute guerre.

Certes les militaires japonais avaient développé un militarisme éhonté et jusqu’au-boutiste. Mais la bombe atomique est un crime contre l’humanité. Et les autorités américaines ont par 2 fois décidé de la larguer sur les villes japonaises d’Hiroshima le 6 et de Nagasaki le 9 août.

Comme Sumiteru Taniguchi, par cette lecture parfois insoutenable, nous sentons en lisant les terribles souffrances des hibakushas de la haine bouillonner en nous, de la haine envers la guerre et envers les profiteurs qui prospèrent sur la guerre.

Maurice Balmet